Salut,
Je vous propose de réfléchir sur ce sujet, personnellement je suis en désaccord avec cette affirmation d'André Gide, que j'ai tenu à réfuter

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Bonne lecture !
Réfutation :
Cas n°1 Où le renoncement est une condition nécessaire de l’acte de choisir sans néanmoins se confondre avec l’acte lui-même.
Le renoncement est condition nécessaire pour aboutir au choix. Il participe de ce fait à l’acte de choisir. Mais le choix n’est pas renoncement. En effet, pour choisir a on ne dit pas « je ne prends pas B » car cela peut également signifier que l’on ne prend rien. Si le choix n’est pas renoncement, qu’est ce donc que le choix ? Le choix est affirmation. On dira en effet « je prends a ». Mais le fait que le choix soit affirmation ne signifie pas que choisir soit affirmation, car le choix n’est rien de plus qu’un aboutissement c'est-à-dire une partie de l’acte de choisir.
Nous avons affirmé plus haut que le renoncement est condition nécessaire au choix. Il s’agit maintenant d’aller plus loin et de poser le renoncement comme affirmation en creux. En effet, il donne la forme à l’affirmation comme le moule à la sculpture en bronze. On pourrait objecter que dire « je ne choisis pas B » ne permet pas de savoir si l’on choisit a ou c ou rien. Le renoncement ne permettrait alors pas de retrouver l’affirmation et le raisonnement serait erroné. Mais il s’agit d’une objection mal posée. En effet l’acte de choisir est accompli par étapes. Ainsi, il ne faut seulement considérer la phrase suivante « je ne choisis pas B » sans considérer également ses implications qui peuvent se formuler« je ne choisis pas B donc je conserve la possibilité de choisir a », une possibilité qui peut être ou n’être pas validée au cours d’une autre étape. Une étape correspond donc à un choix partiel en vue de la réalisation du choix global et le renoncement partiel permet de retrouver l’affirmation partielle. De même, l’affirmation globale ou choix global, peut être retrouvée à partir du renoncement global constitué de la somme des renoncements partiels. « Je ne prends pas b,c,d,rien » permet d’affirmer « j’ai pris a. » Le renoncement n’est donc plus à penser comme diminution des possibles, ce qui serait un absurde rétrécissement du libre-arbitre, mais comme participation à la création du vrai, c'est-à-dire comme construction de l’individu. Le renoncement est donc affirmation en creux et complète donc l’affirmation pour former les deux parties, ou les deux démarches nécessaire à l’acte d’affirmer. Or ce sont aussi les deux démarches de l’acte de choisir. Choisir c’est donc affirmer. L’opinion d’André Gide est donc erronée en confondant une condition de l’acte avec l’acte lui-même.
Il existe de plus un cas où le renoncement n’est pas une condition nécessaire de l’acte de choisir :
Cas n°2 Où le renoncement s’annule de lui-même.
En posant A et B deux objets soumis au choix, le sujet peut avoir la possibilité de posséder A sans posséder B, de posséder B sans posséder A, mais il peut également exister une troisième situation où il posséderait à la fois A et B. Pour prendre un exemple très concret, le sujet peut avoir le choix entre une tarte et un cake mais peut aussi choisir de croquer en même temps dans la tarte et le cake. La situation s’énonce alors ainsi « En possédant A et B je renonce à ne posséder que A c'est-à-dire je renonce à renoncer à B. Si je renonce à renoncer il ne saurait avoir de renoncement comme d’acte de renoncer, en effet additionner deux termes résolument inverses aboutit à une somme nulle (1+ (-1) = 0). Dans le cas présent, le renoncement n’est donc même plus posé comme une condition nécessaire à l’acte de choisir.
On peut donc conclure que l’opinion "choisir c'est renoncer" procède de deux erreurs : D’une part elle confond une condition de l’acte avec l’acte lui-même sur un cas particulier et d’autre part elle pose ce cas particulier comme seul réalité existante.